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Boulevard des Farfelus

Fosse aux loups

15 Novembre 2009 , Rédigé par Anoucha Publié dans #Noms bizarres








J'avais publié cette plaque, l'an dernier sur Orange.
Vous en retrouverez l'origine dans la chronique que Claude Duneton a consacré  à ma collection dans le Figaro
Littéraire du 15/11.




           
Rue du bizarre 

Claude Duneton
05/11/2009 |

 

Une aimable correspondante qui habite en Seine-et-Marne me fait part de sa fascination pour les noms de rues qui sortent de l'ordinaire ; Dominique B. photographie même les plaques de rues qui l'intriguent, un peu partout en France, de sorte à se constituer une galerie personnelle de voies dont l'appellation fait monter le frisson de l'inconnu !
 Sa collection en cours, bien loin d'être complète, pose cependant un problème de toponymie particulier dès qu'on veut essayer de percer le secret des noms tordus. Il existe à Chailly-en-Bière (Seine-et-Marne) une rue de la Fosse-aux-Loups ; jouxtant la forêt de Fontainebleau, cette localité était jadis harcelée par les loups. « Quand les loups affamés s'approchaient trop du village, une battue était organisée pour les contraindre à emprunter une brèche aboutissant à une fosse rectangulaire, recouverte de branchages où ils tombaient sans pouvoir ressortir » - c'est l'explication traditionnelle que l'on donne à Chailly ; elle paraît logique et probable.

Toujours dans la forêt de Fontainebleau, où les allées portent des noms, la route de la Roche qui pleure se rencontre dans la section dite « les gorges de Franchard ». Elle doit son nom, écrit Mme B, « au fait qu'un des rochers a longtemps laissé filtrer l'eau goutte à goutte » ; elle cite un texte de 1837 : « Des âmes dévotes recueillent encore l'eau d'un rocher appelé Roche qui pleure, onde q ui, prétend-on, a la vertu de guérir plusieurs maladies ». Voilà qui est simple, rassurant, et en somme classique.

En général, l'imagination a beau jeu d'entraîner le visiteur - la visiteuse - dans des élucubrations sans réel fondement ; les rues du Pet-du-Diable, ou du Saut-du-Loup et autres Chanteloup nous entraînent vers des légendes locales en l'absence de documents et d'éléments de datation. Mais il existe une origine fréquente aux appellations fantaisistes, ce sont les vieilles enseignes oubliées. Nous n'avons plus idée des enseignes de rues, du XIVe siècle à la Révolution ; elles servaient à identifier les maisons particulières avant la numérotation - laquelle fut finalement imposée sous l'Empire. Ce furent longtemps des plaques de tôle peinte suspendues à des potences en fer, perpendiculaires aux façades, avant d'être remplacées, à Paris, après 1761, par des tableaux fixés à plat sur les murs. Cela étant, la plus grande fantaisie régnait dans ces formes archaïques de publicité - il s'agissait pour le commerçant d'être le plus voyant et le plus original possible. Il ne faut pas chercher ailleurs l'origine de la rue du Chat-qui Pêche, ouverte en 1540 à Paris. Une enseigne voyante se trouve certainement derrière la rue de l'Ane-Vert (Loury, Loiret), rue de la Chèvre-qui Danse, à Orléans, rue du Chat-qui Danse à Saint-Malo, ou rue de la Pie -qui-Boit… Cependant les enseignes ne résolvent pas tout : la rue Quiquengrogne, à Dieppe, pourquoi ? À part le jeu de mots évident, d'où sort l'allée du Chant-de-l'Heure à Annecy ?..

Deux énigmes de la « collection B » peuvent être aisément résolues ; le chemin du Hâ-Hâ, dans un hameau de Vendée, n'est pas une voie de rigolade : le haha est normalement un fossé, ou, selon Littré « Tout obstacle interrompant brusquement un chemin ». Le terme semble avoir eu une certaine vogue au XVIIIe siècle ; il servait de façon particulière à désigner « une ouverture faite au mur d'un jardin, avec un fossé en dehors, pour laisser la vue libre » sur le paysage. Pourquoi haha ? Probablement à cause de l'exclamation de surprise qui échappe à celui qui y tombe inopinément. Piron fait ainsi le portrait d'un étourdi : «…je gage mes oreilles/Qu'il est dans quelque allée à bayer aux corneilles/S'approchant pas à pas d'un haha qui l'attend/Et qu'il n'apercevra qu'en s'y précipitant ».

    La ville du Croisic, en Loire-Atlantique, patrie du poète Albert-Paul Granier, possède une rue du Pont-du-Chat. On appelait « pont de chat » une étroite passerelle qui reliait au niveau des étages deux maisons en vis -à-vis dans une rue. Les deux voisins s'étant sans doute fâchés, au Croisic, le pont de chat disparut, ne laissant comme trace que le nom de la rue pour faire rêver les passants !
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C
<br /> <br /> l'explication en référence à la rue de la fosse aux loups à Chaily en Bière est exacte.<br /> On peux d'ailleurs voir la localisation ou se situait la fosse en question au Chateau de Fontainebleau dans la galerie des cerfs, elle se trouve sur le dernier panneau peint coté nord.<br /> Cette galerie n'est pas ouverte au public mais visitable après contact préalable.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> bonjour, merci pour la proposition de livre avec CAPUCYNE, on peut toujours rêver<br />  je passais voir si tu avais mis autre chose ! belle semaine  bises Cathline<br /> <br /> <br />
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V
<br /> Je ne connais pas cette rue mais par contre je peux te raconter l'histoire de la rue de la grange au loup à Nantes.<br /> <br /> Le 20 décembre 1959 un homme seul, Jacques Serf, meurt à l'hôpital saint Jacques de Nantes.<br /> <br /> Fin 1959, 25 rue de la grange au loup je m'en souviens du rendez vous. Le père de la femme qui chante s'en est allé...<br /> Pardon mais où se trouve la rue de la Grange au Loup demandaient fréquemment les touristes de passage à Nantes.<br /> Cette voie nantaise n'existait que dans une chanson de Barbara.<br /> <br /> Alors dans le quartier neuf près du stade de la Beaujoire depuis 1986 cette rue existe. Une rue que les vignes entourent.<br /> Barbara et Gérard Depardieu lors du passage de Lily passion à Nantes inaugurèrent ce nouveau lieu le samedi 22 mars 1986. Barbara a dévoilé la plaque après le discours du premier adjoint au maire.<br /> Elle était émue. Des larmes coulaient derrière ses lunettes hublot. Elle voulait une cérémonie simple. Elle quitta la rue sous les applaudissements après avoir jeté quelques poignées de riz.<br /> <br /> Ce jour là fut annoncé que le numéro vingt cinq resterait vide de construction. Un square devait s'ouvrir à cette adresse. Mais les bétonneurs passèrent par là. Un immeuble se dresse maintenant, un<br /> immeuble simple gris sans cachet, un de ces cubes de béton qui inondent les anciennes praires des banlieues.<br /> <br /> Depuis le 9 décembre 2000 l'allée Barbara près de la rue de la Grange au Loup accueille les passants.<br /> <br /> En 27 ans une rue imaginaire est devenue réalité.<br /> <br /> <br /> <br />
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C
<br /> Tu m'as inspirée!<br /> <br /> <br />
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